Papillons

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Je marchais sur un chemin de grises pierres, mes yeux baissés, lourds de paupières.

Je marchais fatiguée, anesthésiée par la vie, par le tourbillon des pensées, par le besoin viscéral d’avancer sans me retourner.

Les barrières s’élevaient de chaque côté.

Pas d’autres voies, pas d’autres possibilités.

Alors je suis là, je marche, mes pieds, les pierres, ce gris, la brume, cette poussière.

Je me suis habituée à cette mélancolie, à la morosité, à la solitude éreintée. Il suffit juste d’avancer, ne pas y penser.

Et puis un jour, tu es arrivé.

Je ne sais pas vraiment comment tu m’as trouvée,

Peut-être le cosmos, les étoiles, ou ce genre de choses poétiques très éthérées,

Sur le chemin asphyxié de grisaille et d’ennui, ta voix m’a appelée.

C’était fou, impossible, inexpliqué, inespéré… que quelqu’un puisse me sauver !

C’est une voix magique…

Et cette voix pleine de rires a ravagé mes barrières, secoué mes pavés, anéanti la brume, allégé mes paupières.

Au début c’était étrange ton rire dans ma tête, c’était inédit, oublié.

Et puis ton rire a fait vibrer mon corps comme un séisme, comme si le sol se dérobait sous mes pieds et m’entrainait dans une chute grisante à souhait.

Plus de chemin, plus de barrières,

Il n’y a plus d’endroit, ou d’envers.

Il n’y a plus de Nord ou de Sud.

La seule étoile au ciel guidant mes pas éclate en mille rires fous.

Ce rire se cristallise au creux de mon ventre, envahit ma terre désertée, m’agite, me frissonne, m’émeut, m’enlève et me soulève…

Oh mon Dieu ton rire, on dirait qu’il a des ailes…

Il me bouscule, il me bouleverse et me renverse,

Et pourtant, je tiens debout, miraculée…

Depuis combien de temps n’ai-je pas senti cette nuée de papillons virevolter dans mon ventre ? Depuis combien de temps n’ai-je pas aimé ? Depuis combien de temps au juste je marche droit devant sans plus rien espérer ?

Et ton rire a tout bouleversé.

C’est fou, c’est impossible, c’est inexpliqué.

Nous deux, c’est inextricable, et pourtant inespéré.

Oh mon Dieu ton rire… on dirait qu’il m’a sauvée !

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