Vie d’auteure – Trajectoire de vie

Bordeaux-bourse

Il y a un an, le 17 septembre 2016, je passais mon premier week-end à Bordeaux depuis 3 ans.

Trois longues années sans voir ma ville… Bien sûr, je « remontais » en Gironde visiter ma famille, mais je ne faisais plus d’arrêts en bord de Garonne. Deux petits êtres, arrivés coup sur coup me prenaient alors tout mon temps et les liens qui les rattachaient à mon ventre ne pouvaient se distendre. Il fallait qu’ils soient là, tout près de moi. Il m’était impossible d’imaginer qu’ils se couchent et s’endorment le soir sans mon baiser sur leur front.

Et puis un jour, pour m’échapper de mon travail qui me rongeait, je me suis remise à écrire. C’était fulgurant cette envie. Quelque chose comme un cri de mon âme pour me remettre sur le chemin de l’accomplissement personnel.

Et j’ai commencé à me réaliser. Grâce à ce lien justement, à ce câble qui relie mes fils à moi, de manière viscérale. Ils m’ont donné la force. Ils m’ont donné envie d’être celle dont ils seraient fiers.

La mutation s’est faite en douceur. Je regardais leur corps endormis dans leur lit le soir, abandonnés dans les songes plein de merveilles. J’écoutais leur rire aussi, douce musique à mes oreilles… un peu comme le chant d’un oiseau, en tout cas aussi libre et vrai que le vent dans le ciel. Et surtout, surtout, je voyais leurs regards bleus posés sur moi. Moi leur mère, moi qui devais les guider, les conseiller sur le chemin de la vie, les aider à grandir, à être la meilleure version d’eux-mêmes… Et plus ils grandissaient, devenant peu à peu des petits êtres entiers et non plus l’image des bébés que j’en avais, plus je souffrais de voir que la mère que j’étais n’était pas à leur hauteur (parce que les enfants sont tellement plus grands que nous).

Les pensées m’ont habitée lentement mais sûrement. Elles ne me quittaient plus. Je voulais être un modèle, leur montrer que tout est possible, leur donner confiance en leurs rêves, leur dire surtout que la vie est belle si on l’apprivoise. Alors je me suis jetée de la falaise et j’ai quitté mon travail. L’écriture s’est imposée à moi comme un choix de vie. C’était au printemps dernier. Je n’étais pas encore retournée à Bordeaux, ma ville de naissance, ma ville d’étudiante, ma ville de cœur.

Au tout début du mois de septembre de l’année dernière, j’ai vu passer sur Facebook un appel à auteur de la part de Sacha Stellie. Elle cherchait des auteurs sur Bordeaux pour organiser un marché de l’auto-édition aux Capucins. J’avais peur, j’étais terrifiée mais je me suis dit que c’était peut-être le moment, celui qui allait changer ma trajectoire de vie. J’ai rassemblé tout le courage de la femme effacée que j’étais alors, et je me suis proposée. Le premier tome de ma série Chroniques d’une princesse machiavélique venait de sortir, je n’avais pas encore la version définitive de ma correctrice de l’époque, j’avais ma première couverture avec la silhouette blanche, bref mon livre n’était pas le meilleur, mais je ne pouvais pas laisser passer cette opportunité. Et puis, le marché était organisé le week-end des 30 ans de ma sœur, alors tout était parfait.

J’ai donc laissé mes enfants pour partir sur Bordeaux. Grande déchirure, immense soulagement aussi d’y arriver. Ces deux journées ont réellement changé ma trajectoire de vie. Les étoiles se sont alignées sur ce 18 septembre. En même temps que je recevais la finalisation de ma nouvelle couverture du graphiste et illustrateur Cédric Delahaye (celle qui a donné tout son caractère à mon livre), je rencontrais la gorge nouée de stress et le ventre creux Sacha Stellie, Laure Lapègue, Brigitte Hue-Pillette, Cédric Charbonnel. Nous avons échangé, ri beaucoup (mention spéciale pour Tara Caillou), nous nous sommes amusés, donnés des conseils et tout cela a confirmé ce que je pensais tout bas : il est essentiel pour un auteur indépendant de prendre sur lui et de se bouger, de rencontrer du monde et d’échanger. Cela permet de grandir, de mûrir et surtout d’avancer.

Ce jour-là, j’ai également été très touchée par la présence d’Elisa Tixen, venue nous rencontrer. Un doux mais trop court moment.

Un an plus tard, presque jour pour jour, je n’en reviens pas de tout ce qui a changé dans ma vie. Il me semble qu’un tourbillon déchaîné m’a aspirée, lessivée et déposée comme un sou neuf derrière une table dressée pour une dédicace. Je continue d’écrire tous les jours (presque) et parfois c’est difficile. D’écrire, et d’y croire, d’en parler, de promouvoir. Mais c’est aussi épanouissant et tellement nourrissant. Je m’enrichis au contact des autres auteurs formidables et des lecteurs passionnés que je rencontre. Mais tout cela n’aurait pas été possible sans l’initiative des géniales Sacha Stellie et Fat, qui ont lancé les Marchés de l’auto-édition en région parisienne avant de se déplacer un peu partout en France. Merci à elles. Cette journée aux Capucins m’a révélée.

Aujourd’hui lorsqu’Arthur et Baptiste me regardent charger mes cartons de livres dans le coffre de ma voiture, je suis assez fière de leur dire :

— Maman va travailler.

Belle journée,

Lily

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