Des mots et des poussières de toi

C’est lundi chers amis !

Une magnifique semaine commence et pour moi elle a une importance capitale. Comme vous le savez, vendredi 5 octobre sortira mon livre Poussières de toi, qui traite le sujet du deuil périnatal.

J’ai commencé à écrire ce livre à la fin du mois d’avril 2017. Cela va faire un an et demi et il va enfin s’ouvrir au monde et rejoindre ses lecteurs.

J’en suis très heureuse et j’ai hâte que vous le découvriez car il m’a appris beaucoup de chose sur l’écriture et sur mon travail d’auteur. Je n’ai jamais eu un si grand défi que l’écriture de ce roman et je suis ravie de pouvoir enfin vous le présenter.

Vous trouverez ci-dessous, les extraits de mon journal d’écriture concernant ce roman. J’en avais publié quelques morceaux dans des articles sur ce blog, et je les partage de nouveau avec vous.

Je vous souhaite une très belle semaine chers amis, et je vous dis rendez-vous vendredi !

With love,

Lily

***

Le 25 mai 2017 

C’était un réel défi pour moi d’écrire sur un sujet qui, en plus d’être personnel, est assez complexe à traduire et à formuler.

Le deuil périnatal est le deuil dont on ne parle pas ou peu. C’est le deuil sur lequel on pose une petite layette brodée de rose ou de bleu. C’est un moment de la vie que l’on n’évoque pas, d’abord pour ne pas souffrir, ensuite pour ne pas se souvenir sciemment. La vie se chargeant de nous rappeler la perte de manière  régulière.

De ce fait, écrire sur ce sujet dans sa forme la plus pur, c’est à dire mettre en mots, traduire noir sur blanc les émotions fut bien difficile pour moi. Mais j’ai serré les dents et j’ai écrit, écrit, écrit, en me disant que le seul moyen d’écrire ce livre qui me tient tant à cœur, est de l’écrire de manière physique : mot après mot, phrase après phrase. Et les phrases deviennent des paragraphes, puis des pages… et cela avance, difficilement. Mais le travail avance. Ma plus grande peur était de m’arrêter et ne plus être capable de reprendre.

Mais j’y suis arrivée, et j’en suis assez contente. Je sais maintenant que j’arriverai à bout de ce projet.

***

Le 03 juillet 2017

J’avoue que cela n’a pas été forcément évident d’écrire sur Alice, sur son deuil si compliqué et sur le contrôle constant de ses émotions pour se protéger.

J’avoue même que cela a été carrément douloureux de m’asseoir devant mon ordinateur et de me plonger tous les jours dans ces émotions qui sont un peu comme des vagues scélérates en moi.

Depuis que j’écris sur le sujet, je lutte contre ce torrent d’émotion si profond, je lutte de toutes mes forces. C’est de la résistance. De la résistance à l’écriture. C’est très nouveau pour moi qui me vante souvent de pouvoir écrire en continu, facilement.

Mais le sujet me prend tellement aux tripes que je me retiens. J’ai peur, je suis pétrifiée par ce que je vais ressentir en faisant évoluer mon personnage, par ce qu’Alice va vivre, tout ce qu’elle va souffrir.

C’est une première pour moi. Lorsque j’écris sur Agnès, ma princesse machiavélique c’est tellement facile parce que ce qu’elle vit ne me concerne pas directement. Je donne tout de moi, j’investis toute mon énergie et mes pensées dans les aventures d’Agnès, mais paradoxalement je ne livre rien d’intime, rien ne m’appartient dans ce que j’écris. Bien sûr comme Agnès, j’ai aimé sans être aimée en retour, mais ce n’est pas une douleur qui m’a détruite, bien au contraire j’en suis ressortie plus forte et plus consciente de mes sentiments et de ce qui se passe dans mon cœur. Et c’est cette force qui me dirige dans mes écrits sur Agnès…

En revanche sur ce sujet du deuil périnatal, pour celles qui l’ont vécu, il est difficile de dire que l’on en sort plus fortes. Nous en sortons changées, bouleversées, ébranlées, plus sensibles à la vie et à sa beauté, mais certainement pas endurcies ou renforcées.

Et de fait, tout livrer à Alice et à ce roman, voulait dire rouvrir une boîte bien verrouillée dans mon cœur, une boîte que j’ai voulu oublier et ça c’était encore plus compliqué.

Et pourtant, après l’écriture frustrante de ma première partie, j’ai réalisé qu’il était nécessaire de tout lâcher. Comment écrire à moitié ? Je ne sais pas écrire à moitié normalement. Je suis entière à 200% d’habitude. Comment transmettre les émotions sur la perte de ces bébés oubliés sans me dévoiler entièrement ?

Si je veux écrire un livre vibrant et bouleversant comme le sujet traité je dois me permettre de vibrer, de pleurer, de me liquéfier en l’écrivant. Alors évidemment c’est épuisant mais c’est aussi nécessaire pour toucher les lecteurs, pour faire avancer leur réflexion, pour les laisser avec un bout de moi à la fin de leur lecture.

C’est nécessaire aussi pour toutes ces mamans qui n’osent pas évoquer la perte de leur enfant, parce que c’est comme ça, c’est tabou, oublié. C’est tellement nécessaire pour que ce livre soit la petite boîte dans laquelle elles poseront les souvenirs et la souffrance de cette perte, en se disant : voilà, tout est là, posé sur cette étagère, mon bébé a pris vie, juste là, entre ces pages.

C’est impossible d’écrire à moitié sur ce sujet. C’est impossible d’écrire à moitié, tout court. Ecrire c’est se livrer entièrement, corps et âme. Comme je dis souvent, écrire c’est un peu comme aimer, c’est vrai jusqu’au fond du cœur, c’est authentique.

J’ai donc pris sur moi, très fort, et j’ai lâché prise sur cette deuxième partie. J’ai inspiré un grand coup, j’ai vu la vague arriver, et j’ai plongé. Je me suis autorisée à pleurer, à me liquéfier, et à tout donner. Et j’ai adoré. Mon Alice a vécu des choses fortes, formidables, elle a vibré, elle a aimé aussi, elle commence à grandir et à accepter, et moi-même je continue de grandir avec elle et d’essayer de l’accepter telle qu’elle est sans la juger (pas facile).

Et mieux encore, elle m’a surprise. Moi qui écris toujours avec un plan détaillé que je suis scrupuleusement, j’ai dû m’adapter à l’évolution d’Alice et le refaire plusieurs fois. Elle a pris vie réellement et elle est comme nous autres humains, en mutation permanente. Et mon écriture mute avec elle, mes certitudes sur mes habitudes d’auteure évoluent. C’est étrange et inattendu mais on dirait que ce livre est en train de me changer, comme si en plus d’être un travail sur mon écriture, sur ce que je suis capable de faire, ce livre était également un travail sur moi-même…

Cette deuxième partie est terminée. Je dois entamer la dernière partie. Mon plan est là, mais je sais qu’il sera encore remanié durant l’écriture, mais je ne lutte plus.

C’est passionnant, c’est épuisant…

Qu’est-ce que c’est étonnant d’écrire.

Qu’est-ce c’est bon d’écrire….

1 réflexion au sujet de “Des mots et des poussières de toi”

  1. Un livre à lire absolument !
    Ce livre sur le deuil périnatal est d’une justesse et d’une pudeur bouleversantes…
    Du début à la fin, on est de tout cœur avec le personnage principal, dans ses épreuves, dans sa renaissance….
    On a envie de la serrer très fort dans nos bras et de lui dire merci de nous avoir ouvert les yeux sur cette situation…
    Merci à l’auteure pour ce livre,
    Aliçar

    Aimé par 1 personne

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